Toute la critique du XXe siècle s'est montrée sévère pour le théâtre de Hugo. C'était même devenu un lieu commun pour elle que de dénoncer la médiocrité de ce théâtre par rapport au reste de son oeuvre. Mais de tout le répertoire du XVIIIe et du XIXe siècles, le théâtre en vers de Hugo est le seul qui tienne encore la scène avec celui des trois grands classiques du XVIIe. Je dis en vers,… Il reste que certains passages des pièces de Hugo comptent parmi les plus beaux morceaux de notre poésie dramatique ; qu'en ce qui concerne Ruy Blas son apostrophe aux ministres continue à mériter d'être célèbre et d'être citée; et que Don César de Bazan dessine une figure inoubliable, de laquelle relèvent tant d'autres personnages qui sont « ses créanciers, suivis de leurs petits ».

Et puis, et surtout, tout cela est encore, tout cela vit d'une vie certes plus décorative que profonde, mais réelle, dans nos mémoires ou même sur les planches; tout cela a une existence lyrique ou épique ou parfois même proprement dramatique… Il reste dans ce théâtre de Hugo une densité d'action, de rêve, d'éloquence, de pathétique ou de gaieté indiscutable, indubitable, aussi évidente que le jour; Hugo a dressé, sinon des corps ayant les trois dimensions autour desquels on peut tourner, du moins des profils d'êtres, d'êtres de toutes espèces, silhouettés sur le fond de la vie; et c'est beaucoup, faute d'avoir été Shakespeare, comme c'était l'ambition du jeune Hugo, de demeurer, dans un siècle glorieux d'art et de lettres, l'homme qui aura offert à la foule française le miroir où elle se sera mirée, sinon le plus authentiquement, du moins le plus pathétiquement, et somme toute, si la poésie la plus belle est la plus haute, le plus poétiquement.

 

Fernand GREGH

de l’Académie française.

 

30 pièces achevées :

16 Pièces inachevées ou perdues :

A.Q.C.H.E.B.

AMY ROBSART

ANGELO, TIRAN DE PADOUE

CROMWELL

ÊTRE AIMÉ

GABONUS

HERNANI

INEZ DE CASTRO

IRTAMENE

L’ÉPÉE

L’INTERVENTION

LA ESMERALDA

LA FORÊT MOUILLÈE

LA GRAND’MÈRE

LE PAPE

LE ROI S’AMUSE

LE SPLEEN

LES BURGRAVES

LES DEUX TROUVAILLES DE GALLUS

LES GUEUX

LUCRÈCE BORGIA

MANGERONT-ILS

MARIE TUDOR

MARION DE LORME

MILLE FRANCS DE RÉCOMPENSE

RUY BLAS

SUR LA LISIÈRE D’UN BOIS

TORQUEMADA

UNE COMÉDIE A PROPOS D’UNE TRAGÉDIE

WELF, CASTELLAN D’OSBOR

ATHÉLIE OU LES SCANDINAVES

BALMINETTE (1) – BALMUSETTE (2)

CORNEILLE

L’ENFER SUR LA TERRE

L’ÉVASION DE L’ENFER

L’IVROGNE

LA MARIPOSA

LE CHÂTEAU DU DIABLE

LE MARQUIS AUTREFOIS

LE PÈRE

LE REPAIE DE LA GUÉRILLA

LES JUMEAUX

LES MÔMES

MAGLIA

PHILÉMON PERVERTI

ZUT DIT MÉMORENCY

 

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