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Année 1819. - Création du Conservateur littéraire par les frères Hugo - Publication de la collection
des Mémoires relatifs
à l'histoire de France des origines au début du XVIII
e siècle par Petitot et Monmerqué
(52 volumes, 1819-1827) - Chaptal : L' Industrie française - Sismondi : Nouveaux principes d'Économie
politique.
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1819. - La Vendée. Odes et Ballades1818/22. Livre premier.
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15 janvier 1819. V.H. s'inscrit pour la seconde fois à
l'école de droit.
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Février 1819. - Le Rétablissement de la statue
de Henri IV. Odes et Ballades 1818/22.
Livre premier.
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06 février 1819. Sophie malade : V.H. à son chevet
écrit dans la nuit du 5 au 6 son Ode sur : - Le Rétablissement de la statue
de Henri IV. |
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Pinaud à V.H., le 20 mars 1819 Toulouse, le 20 mars 1819. Le Secrétaire perpétuel de
l'Académie des Jeux Floraux, Monsieur, Votre belle ode sur
le Rétablissement
de la statue de Henri IV a
enlevé tous les suffrages. Le prix unique du concours extraordinaire (1), lui a été
unanimement attribué à
la première séance du bureau général. J'aurais eu la satisfaction de vous en
donner plus tôt la nouvelle, si je n'avais voulu, en la différant un peu, vous informer en même temps du sort des Vierges de Verdun. Cette dernière composition n'a pas eu
entièrement le même succès. Vous vous y êtes affranchi de la contrainte d'un
rythme égal pour toutes les strophes, et si vous avez acquis par là un grand moyen de
varier le caractère de votre poésie et de l'assortir aux divers effets que vous vouliez produire, vous avez
violé un usage auquel les lyriques français se sont généralement soumis et dont
tout le mérite n'est
peut-être pas dans la difficulté vaincue. Cette considération, appuyée de quelques autres
critiques, a porté l'Académie à n'attribuer à votre ouvrage qu'une amaranthe réservée. C'est absolument la même fleur ou la même somme qui vous auraient (sic) été donnée (sic) pour
le prix de l'année. Mais, dans nos usages, cette dernière récompense
est supérieure à l'autre. Au surplus, votre
ode sur les Vierges de Verdun est la
seule qui ait été jugée digne d'une
amaranthe. L'ode qui la suit immédiatement dans l'ordre des récompenses
n'obtient qu'une violette ou un souci... Je vous prie,
Monsieur, de vouloir bien me marquer, le plus tôt possible, si vous ferez retirer de chez moi le
lys et l'amaranthe
même ou seulement leur valeur pécuniaire. Dans ce dernier cas, l'Académie déduirait des neuf cents francs, formant la valeur totale
des deux fleurs, la moitié du prix de leur façon et du contrôle. Je ne puis vous en marquer aujourd'hui le
montant, à raison de l'absence momentanée de M. d'Aygues-Vives qui était précédemment chargé de ces détails. La
personne qui retirera pour vous ou les fleurs ou l'argent devra se présenter, après le 3 mai prochain seulement, et
munie de votre procuration en bonne forme, dans laquelle vous vous déclarerez auteur des deux ouvrages
couronnés. Ainsi le veulent nos règlemens
et nos usages. Je reviens, Monsieur,
à vos deux odes. Lorsque, parmi les ouvrages qui lui ont été présentés, l'Académie a
choisi celui qu'elle
juge le meilleur dans chaque genre de composition, elle profite assez
généralement du court espace de temps qui s'écoule entre l'époque du jugement
et celle de l'impression du recueil pour
inviter les auteurs de ces travaux élus à
leur donner toute la perfection possible. Elle confond en cela son
propre intérêt et celui de ses lauréats. A
cet effet, le secrétaire perpétuel communique à ces derniers les principales observations critiques dont leurs
ouvrages ont été l'objet au bureau général. C'est ce que je vais faire au plus vite, Monsieur, à
l'égard de vos deux odes, en vous
prévenant que si vous voulez faire
utilement quelques corrections, il est indispensable de me les transmettre avant le 15 avril prochain,
époque à laquelle nous livrerons
définitivement le recueil à l'imprimeur. Je vous prie de ne pas perdre
de vue que c'est surtout ici que je suis
tout simplement secrétaire de
l'Académie. ODE SUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA STATUE DE HENRI IV 1re srt. Quelques
membres ont blâmé. d'autres ont défendu le Puis qui commence le troisième vers de cette strophe. A votre tour, Monsieur,
prononcez entre vos juges. 2e str.
Choisissez également entre Sylla détrône Marius et Sylla renverse Marius ; car vos trois copies ne sont point d'accord sur ce vers. 3e str. En approuvant l'idée qu'expriment les premiers vers de cette strophe, on a
douté de la propriété de ces expressions : Trajan existe encor,
quand Néron et Tibère On a entendu avec peine les
consonnances vu, abattus,
souvent,
quand, dans... 5e str. On a
généralement critiqué la comparaison qui termine cette strophe. On s'est demandé si
un cadavre rongé fait de l'ombre et surtout s'il est vrai que le tigre se joue avec l'ombre des cadavres; si une bête toujours altérée de sang cherche autre chose que le sang, et si
on peut se la représenter cherchant à dévorer l'ombre d'un cadavre. 6e str. On a trouvé un peu dur, dans
cette délicieuse strophe,
le vers enleva trop tôt le
trépas. 7e str. Une ou deux
voix se sont élevées contre le vers : Quelle
masse au loin semble en sa marche immense. 9e str. L'expression en volant AU CARNAGE a paru
sortir du ton, aussi juste que
gracieux, de la strophe. 10e str. Une voix a
blâmé les
sueurs du
dernier vers. 11e str.
On a beaucoup admiré cette strophe, mais on a regretté qu'en y prodiguant la poésie, vous y
ayez peut-être
perdu de vue la marche grammaticale des idées. En effet, le sens des quatre
premiers vers relatifs à Alexandre y est suspendu pour laisser place à une autre phrase, à sens également suspendu,
relative à tel ou tel roi d'Egypte. Les trois derniers vers devraient donc
terminer tout à la
fois et ce qui concerne le conquérant de la Perse et ce qui regarde le Pharaon cruel. Cependant quand vous vous bornez à dire son nom meurt et à parler des pyramides, il est trop clair que vous parlez uniquement du Pharaon et que vous ne finissez
pas du tout ce que vous avez commencé à nous dire sur Alexandre dont le nom n'est pas mort et qui n'a rien de
commun avec l'ombre des
Pyramides. 12e str. Les mots de et du fourmillent dans les
5e. 6e. 7e et 8e vers de cette strophe. ……………………………………………………….. Du Nil les montagnes altières De cent rois cachent les
poussières. Du monde inutile fardeau Du temps et de la mort attestent ……………………………………………………….. Il est inutile
de vous dire que l'Académie vous laisse le maître de faire ou de ne pas faire
les corrections que peuvent
indiquer ces notes. Telle qu'elle est votre ode excite parmi nous une satisfaction dont le prix qui vous est décerné n'est qu'une faible
expression. Je passe aux VIERGES DE VERDUN. Quelques personnes ont repris, dans les
trois premières strophes, la profusion des
formes interrogatives, notamment de pourquoi, ce
qui leur a fait trouver ce préambule
un peu long. 5e str. On n'a pas
trop compris JUGES A LEUR TOUR ; on a prêté des sens
divers à ces derniers mots. S'ils veulent dire juges après Tainville
et comme
lui, c'est une erreur, car Tainville,
accusateur public, n'était pas juge. S'ils signifient jugeant les autres après avoir eu, si longtems, à redouter des juge, l'expression n'est pas assez développée pour un tel sens. 7e str. Votre beau mouvement : Que faisaient nos guerriers ? leur vaillance trompée Prêtait au vil couteau l'appui
de leur épée… a vivement affligé
l'un de vos juges, militaire plein d'honneur, homme d'un grand sens et royaliste éprouvé. L'Académie, témoin de cette impression, paraît
redouter beaucoup
celle que le même passage produira, à plus forte raison, sur la plupart des
anciens militaires qui assisteront à la séance du 3 mai. Peut-être se croira-t-elle obligée de
la supprimer à la lecture. Examiner donc, Monsieur, si vous jugez possible d'y faire quelque changement.
Dans le cas contraire, veuillez rédiger, pour être insérées dans le recueil,
quelques lignes de note propres à imposer silence aux malintentionnés qui s'attachent à abuser, au profit de la
révolution, de la susceptibilité plus ou moins éclairée des militaires. Cette note existe
déjà ; maïs elle se borne à rappeler les faits relatifs aux deux Moreau. Vous pourriez y
joindre une explication qui plaçât nettement la gloire de l'armée sous l'abri de son dévouement patriotique. 8e str.
Malgré les réflexions précédentes, on a remarqué que les phalanges égarées répétaient la
vaillance trompée
de la 7e strophe et que cette idée se reproduisait encore dans les mots jusques dans leur erreur, lesquels ont été d'ailleurs blâmés sous
d'autres rapports. 10e str. On a critiqué
: dernier TRAIT QUI TRAHIT, Tainville qui S'ENFLAMME, le monstre ALORS TRANQUILLE. 11e str.
Les mots coupables
de pitié, nu si noble forfait ont rappelé vous ABSOUDRA de vos vertus de la 10e strophe et d'innocence accusées de la 7e, etc. On a jugé que les expressions se
ressemblaient peut-être un peu trop. 12e str. On a
critiqué, à la fin de cette strophe, l'expression des fleurs PURES et l'idée SANS VOIR QU'ELLE Y
MÊLAIT les paroles de mort. La 13e str. nous a
tous enchantés, mais on a regardé l'expression au front d'airain comme une phrase faite qui, d'après l'usage établi, ne peut désigner que l'impudence. Au reste, on croit ici que Mlle de Sombreuil, dont j'ai
oublié le nom de femme, est encore
vivante. Enfin on a critiqué les Siècles
révolus de la dernière strophe... Elle [ma lettre]
aurait eu dix fois plus d'étendue, monsieur, si au lieu de vous entretenir des passages
critiqués de vos
deux belles odes, j'avais eu à vous indiquer ceux qui ont excité les éloges et
l'enthousiasme d'une société qui aime passionnément les beaux vers et qui vous voit avec la plus vive satisfaction
consacrer à l'éclat de ses concours les prémices (sic) d'un talent destiné à faire la gloire de la poésie française. [Pinaud ajoute en post scriptum:] Permettez-moi de vous rappeler ou
de vous apprendre que,
d'après nos règlements, vous seriez privé des prix qui vous ont été décernés, si
vous preniez sur vous de publier vos deux odes avant la séance du 3 mai. C'est de nous que le public doit les
tenir. (1) Le Lys d’or. Victor Hugo œuvres complètes, Édition
Chronologie sous la direction de Jean Massin, T1.
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V. H. à Pinaud, le 29 mars 1819 Monsieur, La flatteuse
nouvelle que vous m'annoncez, et votre lettre plus flatteuse encore, m'ont
causé une joie bien vive,
joie qui aurait pourtant été plus grande encore si mon frère se fût trouvé mieux
partagé dans les décisions de l'Académie.
Quelque
sévères qu'elles dussent lui paraître, je lui dois de reconnaître qu'il n'en a pas murmuré
un seul instant et qu'il a été le premier à en proclamer la justice; il me charge, monsieur, de vous
remercier en son nom des éloges et des
encouragements que vous voulez bien lui
accorder. Son ode sur le duc d'Enghien, qu'il s'attache, en ce moment, à rendre plus digne de l'Académie, vous prouvera,
sans doute, son empressement à se rendre
à votre honorable invitation. Pour moi, monsieur,
je suis aussi confus de l'indulgence de l'Académie que pénétré de reconnaissance pour les marques éclatantes dont elle m'a
honoré. Veuillez assurer messieurs vos collègues que je considère leurs suffrages plutôt comme un encouragement
que comme une récompense, et que mes
efforts n'auront désormais pour but que de
me rendre digne des palmes glorieuses qu'il leur a plu de me décerner et que je me sens bien loin de mériter encore. Si le temps me le permet, c'est en
souscrivant scrupuleusement à leurs
critiques que j'essaierai de leur
prouver mon désir de rendre mes deux pièces couronnées les moins imparfaites possible. Vous m'engagez, monsieur, à me
décider promptement entre les fleurs ou leur valeur pécuniaire. Je préfère les
fleurs: elles me rappelleront dans tous
les temps l'indulgence
de l'Académie qui, sans doute, en me couronnant a eu plus égard à ma grande jeunesse qu'à mon faibli
talent. Agréez l'expression de ma très
vive gratitude et du respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre
très humble et très
obéissant serviteur. V. M. HUGO. Correspondance / Victor Hugo. T. 1, 1814-1848
Reprod. de l'éd. de Paris : A. Michel , Ollendorff, 1947.
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