Année 1834.

- Comité des Travaux historiques et des Sociétés savantes - Société de l'Histoire de France - Société de l'École des Chartes.

- Villeneuve-Bargemont : Économie politique chrétienne - Musset : Lorenzaccio - Sainte-Beuve : Volupté - Lamennais : Paroles d'un croyant - Dictionnaire latin-français de Quicherat.

- Création de la Revue des Études historiques et de la Revue archéologique.

 

 

Janvier 1834.

Juliette met au mont-de-piété une garde robe considérable : 48 chemises de batiste brodée 36 chemises de batiste, 1 robe de tulle, 6 robes de mousseline et soie, 25 robes dont deux sans manches, 6 robes de draps, 31 jupons brodés, 4 jupons, 12 peignoirs en batiste, 32 mouchoirs, 2 pèlerines brodés, 1 cachemire rayé à volants, 1 châle en cachemire de l'Inde.(1)

(1) Elle avait conservé de quoi se vêtir c'est le père Lanvin domestique de Pradier qui allait régulièrement faire renouveler les bordereaux d'engagements.

 

 

02 janvier 1834.

V.H. commence l'étude sur Mirabeau ce sera l'ultime texte de Littérature et Philosophie Mêlées.

Il le terminera le 10 janv. 1834.

 

 

3 janvier 1834.

A David d'Angers.(1)

D'abord, mon cher David, mettez-moi, pour commencer l'année en bonne posture, aux pieds de Madame David. Ensuite venez me voir avec M. Niemcewicz le jour que vous voudrez. J'y suis toujours entre onze heures et midi. Je serai charmé de voir M. Niemcewicz.

Dés que je n'aurai plus quatre libraires sur le dos, je vous irai serrer la main rue d'Assas.

A bientôt. Mille souhaits de bonheur de nous deux pour vous deux.

(1) Bibliothèque d'Angers.

Correspondance Tome IV (année 1874-1885, addendum) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff-édité par l'Imprimerie Nationale.

 

 

08 janvier 1834. (Deux dates 10/01/34 ?)

V.H. achève son étude sur Mirabeau.

 

 

9 janvier 1834.

A Mademoiselle Louise Bertin (1).

Votre lettre, Mademoiselle, m'apprend ce que je savais déjà, que vous êtes avant tout désintéressée et généreuse. Permettez-moi de vous en remercier du fond du cœur.

Je pense toujours que cette demande de scénario faite par Véron est un piège, et je crains que vos excellents parents ne le reconnaissent prochainement. Cependant je n'en donnerai pas moins le scénario. Vous l'aurez avant trois jours. Permettez-moi de faire pour vous avec bonheur ce que je ne ferais pas pour moi.

Tous mes respects et toute mon amitié à vos pieds.

VICTOR H.

(1) Au verso d'une lettre de Léopoldine.

Correspondance Tome IV (année 1874-1885, addendum) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff-édité par l'Imprimerie Nationale.

 

 

10 janvier 1834. (Deux dates 08/01/34 ?)

Il termine son étude sur Mirabeau.

 

 

12 janvier 1834.

V.H. dédicace le manuscrit sur Mirabeau à Juliette :  " A toi ma Juliette bien aimée. "

 

 

13 janvier 1834.

Dispute avec Juliette. V.H. note dans son carnet : "  11 heures et demie du soir. Aujourd'hui encore son amant, demain... "

 

 

15 janvier 1834.

Publication, chez Urbain Canel de l'étude sur Mirabeau, en préface aux Mémoires de Mirabeau.

Choses vues.

Deux dates le 25/01/34 ?

 

 

[20 janv. 1834] (1)

Louise Bertin à Léopoldine

Ms : ArMVH. Don hér. H., 1950. Inv. A 859

Adresse :

Mademoiselle Léopoldine Hugo.

Place Royale N° 6 Paris.

Lundi

Je remerciais hier, avant d'avoir lu. Je remercie aujourd'hui après avoir lu. J'admirais, avant d'avoir lu, j'admire, après avoir lu. Voilà encore une prétention à laquelle ton père gène les coudes.

Dis à ton papa, chère petite didine, que j'ai reçu ce matin, le récitatif du duo. Demande lui et écris le moi, si c'est à intention, qu'il le fait finir par Claude, au lieu de le faire finir par Esmeralda, ainsi que nous en étions convenu (2). Si c'est intention, je m'y conformerai. Je suis bien fâchée, de tant l'importuner pour cette scène, mais elle est bien importante.

Adieu charmante poupée, nous te donnons bien du mal, mais je tacherai d'obtenir pour toi, un billet de parterre, pour la première représentation de Notre-dame de paris.

Ton amie Louise Bertin.

J'autorise Charlot, à t'offrir le bras pour te mener à Franconi (3), dans sa loge cinq heures du soir.

Je t'écrivais ma Didine, pendant qu'on était allé chercher, une loge pour Franconi. On ne donnera réponse que demain. Tiens toi prête et n'en parle pas à Charlot, parce qu'après [tout], elle pourrait bien ne pas venir. Tu es raisonnable, toi, et au-dessus de pareilles émotions. Sois sure cher enfant, que je ferai tout mon possible, pour te procurer ce plaisir. Mais en cas de malheur, aime-moi toujours. Les [chevaux] commencent de très bonne heure. Tu n'auras peut être la loge que tard. Sans rien dire à Charlot, il faut demain, le faire habiller de bonne heure. Il en sera quitte, pour avoir mis son habit bleu pour rien.

(1) Dim. 19 janv. L.B. fait sans doute allusion au billet n. r. qui est arrivé à Léop. Le dim. (sans doute par porteur ; il a donc pu être écrit, être reçu et recevoir une réponse le même jour) et dont V.H. a aussitôt accusé réception en envoyant à L.B. "le récitatif [… ] en tête du duo " (voir n. 1). L.B. veut sans doute parler de l'étude Sur Mirabeau publiée le 15 janv. Chez Urbain Canel. (2) La Esmeralda, acte IV, sc. I. Dans la version publiée, le récitatif précédant le duo entre Esmeralda et Claude est bien achevé par Claude (éd. Chronol. , t. V, p. 527). (3) Le célèbre écuyer Franconi avait ouvert un cirque, situé successivement sur le boulevard du Temple et sur les Champs-Elysées.

 

 

23 janvier 1834.

Lamennais à Montalembert : "  Je n'ai point vu Victor Hugo. Il vient de faire paraître des études sur Mirabeau. On dit que sous ce nom de ce grand orateur et de ses adversaires, il se peint lui et les siens. Il est le génie aux prises avec l'esprit. Nous sommes dans le siècle de la vanité et du plus petit amour-propre, s'il y a un siècle pour cela. "

 

 

(22 janv. 1834) (1)

Louise Bertin à Léopoldine.

Ms : ArMVH. Don hér. H., 1950. Inv. A 861.

Adresse : Mademoiselle Léopoldine Hugo.

Place Royale N° 6 Paris

Ma chère poupée, il faut renoncer à la loge de Franconi. Malgré [tous] mes efforts, je n'ai pas pu l'avoir. J'en suis plus fâchée que toi, je, ne vois plus maintenant Monsieur Janin (2) que très rarement et pour très peu de temps et je ne pourrai de longtemps, expliquer cette affaire compliquée et faire une nouvelle tentative pour procurer ce plaisir à mon ami (3).

Adieu poupée, je t'aime de [tout] mon cœur.

Louise.

(1) Sur la date et les allusions à Franconi, voir : de L.B., 20 janv. 1834, n. 1 et 4. (2)Jules Janin, qui tient le feuilleton dramatique des Débats. Les détails de "cette affaire compliquée " nous échappent. (3). Charles Hugo (voir : de L.B., 20 janv. 1834).

 

 

25 janvier 1834. (Deux dates 15/01/34 ?)

Paraît en brochure chez Urbain Canel l'étude sur Mirabeau.

 

 

31 janvier 1834.

V.H. à Juliette : " Si je t'écrivais toutes les pensées que j'ai dans l'esprit, cela ferait des volumes. Si je t'écrivais tous les sentiments que j'ai dans le cœur, cela ne ferait qu'une ligne : Juliette, je t'aime ! Tant que tu vivras, tant que tu m'aimeras, tant que tu respireras, pour moi, mon ciel sera sur la terre. Je donnerais un siècle de Paradis pour, une heure dans tes bras. Dans ce monde où il y a si peu de choses rayonnantes, les autres hommes n'ont qu'un soleil. J'en ai deux, moi, qui sont tes beaux yeux: (31 janvier 1834, minuit et demi.) "

Pages d'amours de V.H. (Paul Souchon.) Editions Albin Michel 1949 p.73.