Année 1861.

Intervention au Mexique - Début de la guerre de Sécession.

Théophile Gautier : Le Capitaine Fracasse.

 

 

03 janvier 1861.

Note : " Le docteur Cordin est venu pour m'ôter toute préoccupation au sujet de mon larynx ".

 

 

04 janvier 1861.

J.J. à V.H. :

" je te remercie de m'avoir donné de la bonne copire (...) Je suis jalouse de tous mes petits monopoles et je n'aime pas quand , par force ou de bonne volonté , on les empiète. Donc, je voudrais finir seule comme je les ai commencés Les Misérables ".

 

 

13 janvier 1861.

Note : " Bruits singuliers dans ma chambre la nuit ".

 

 

16 janvier 1861.

Carnet : " Je laisse pousser ma barbe pour voir si cela me protégera contre les maux de gorge. Il y a en ce moment en Angleterre parmi les Clergymen ce qu'on appelle le mouvement des barbes ".

 

 

A Paul Chenay.

Hauteville-House, 21 janvier 1861.

Cher M. Chenay, vous avez désiré graver mon dessin de John Brown, vous désirez aujourd'hui le publier; j'y consens, et j'ajoute que je le trouve utile.
John Brown est un héros et un martyr. Sa mort a été un crime. Son gibet est une croix. Vous vous souvenez que j'avais écrit au bas du dessin :
Pro Christo, sicut Christus.
Lorsque, en décembre 1859, avec une profonde douleur, j'annonçais à l'Amérique la rupture de l'Union comme conséquence de l'assassinat de John Brown, je ne pensais pas que l'événement dût suivre de si près mes paroles. A l'heure où nous sommes, tout ce qui était dans l'échafaud de John Brown en sort, les fatalités latentes il y a un an sont maintenant visibles, et l'on peut dès à présent considérer comme consommées la rupture de l'Union américaine, grand malheur, et l'abolition de l'esclavage, immense progrès.
Remettons donc sous les yeux de tous, comme enseignement, le gibet de Charlestown, point de départ de ces graves événements.
Mon dessin, reproduit par votre beau talent avec une fidélité saisissante, n'a d'autre valeur que ce nom, John Brown, nom qu'il faut répéter sans cesse, aux républicains d'Amérique, pour qu'il les ramène au devoir, aux esclaves, pour qu'il les appelle à la liberté.
Je vous serre la main.
VICTOR HUGO.

Correspondance Tome IV (année 1874-1885, addendum) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff-édité par l'Imprimerie Nationale.

 

 

Hauteville-House, 24 janvier 1861.

V.H. à M. Chenay :

Cher monsieur Chenay, vous avez désiré graver mon dessin de John Brown, vous désirez aujourd'hui le publier; j'y consens, et j'ajoute que je le trouve utile.

John Brown est un héros et un martyr. Sa mort a été un crime. Son gibet est une croix. Vous vous souvenez que j'avais écrit au bas du dessin :

 Pro Christo,, sicut Christus.

Lorsque, en décembre 1859, avec une profonde douleur, j'annonçais à l'Amérique la rupture de l'Union comme conséquence de l'assassinat de John Brown, je ne pensais pas que l'événement dût suivre de si près mes paroles. A l'heure où nous sommes, tout ce qui était dans l'échafaud de John Brown en sort; les fatalités latentes il y a un an sont maintenant visibles, et l'on peut, dès à présent, craindre la rupture de l'Union américaine, grand malheur, mais espérer l'abolition de l'esclavage, immense progrès.

Remettons donc sous les yeux de tous, comme enseignement, le gibet de Charlestown, point de départ de ces graves événements.

Correspondance 1836-1882 Paris Calmann Lévy, éditeur –1898- p.240.

 

 

24 janvier 1861.

Note: "   J 'aurais voulu achever ce que j'ai commencé. Je prie Dieu d'ordonner à mon corps de patienter et d'attendre que mon esprit ait fini ".

.... " Depuis le 13 décembre dernier, je me crois, quoi qu'en disent les médecins, atteint d'une laryngite chronique dont le dénouement sera une phtisie laryngée. Je cache ma pensée et je n'inquiète personne autour de moi. Il me faut porter avec sérénité le poids d'une idée sombre. "

Il croit qu'il a une phtisie laryngée qui l'emportera sans tarder.