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Année 1868. Fondation de l'École
pratique des Hautes Études - Napoléon III fonde une
caisse pour les accidents du travail. Alphonse Daudet : Le Petit Chose.
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[1868.] A Monsieur Henri de Delpech : Je ne me fais pas, monsieur, de l'éloquence la
même idée que vous. Où vous voyez des images,
je vois des idées, et pour moi tout discours impossible à
lire, a pu tromper l'oreille, mais n'existe pas. Jugez quel ravage
je ferais dans vos admirations. Je n'en suis pas moins touché
de votre sympathie, et j'applaudis à votre talent comme à
votre succès. Recevez l'assurance de mes sentiments distingués. VICTOR HUGO (1). (1) Réponse au discours
: De l'éloquence parlementaire en France, couronné
par l'Académie des jeux Floraux.
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01 janvier 1868. Frontispice des "Chansons des rues et des bois" Dessin: plume et lavis ( inv.
186). h. 0,22; 1. 0,14. "A Paul Meurice, Victor Hugo, Hauteville-House. ". Collé sur la page de
garde de l'Edition Lacroix. Verboeckhoven et Cie, 1866.
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02 janvier
1868. Agendas de Guernesey,8ème : j'ai fait cette nuit en dormant ces vers
imbéciles : Solferino sol fa ré
ut. Alma, Magenta, sabre et guerres
! Les Belmontets ont pris leur
luth. Mais le peuple un jour criera
: chut ! A bas fanfares militaires ! Solferino Solfarézut... cette bizarre obsession m'a traversé toute la nuit
à travers mon sommeil, profond d'ailleurs.
Edition Chronologique, Jean Massin 1969,
t XIII, pages 1331-33.
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02 janvier
1868. Première représentation de Ruy Blas au Théâtre de Parc de Bruxelles.
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Caprera, le 3 janvier 1868. Garibaldi. Poème adressé à Victor
Hugo. "Se peut-il, cher Hugo, que ta belle
patrie Sous un despote vil soit si
longtemps flétrie ; A tes nobles accents j'ai senti
dans mon cœur L'espérance renaître..." Le brouillon de la réponse de V. Hugo
est au dos: il y avait, dans la tente d'Achille, une lyre et une
harpe . . . Les héros sont poètes...(20 janvier).
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05 janvier 1868. A François Coppée : Au moment où je vous envoyais ma poésie
irritée, vous m'adressiez votre poésie charmante.
La
Voix de Guernesey rencontrait en chemin votre douce idylle
du soldat et de la servante (1). Mon éclair se croisait avec votre
rayon. Puissance du poëte ! Voilà le
pioupiou et la bonne d'enfants transfigurés. On n'en rira
plus. Quelle élégie vous avez tirée
de ces silhouettes jusqu'ici grotesques! Melancholia. Il faut toujours
en revenir à la grande chauve-souris idéale d'Albert
Dürer. La tristesse est notre rideau de fond. La vie se joue
devant; Dieu est derrière. Espérons. Je vous serre les mains, cher poëte. VICTOR HUGO. Voudrez-vous remettre ce pli à M.
Paul Verlaine, votre ami et le mien (2). (1) Le soldat et la servante. Enregistré dans la Bibliographie de la France,
décembre 1867.
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Hauteville-House, 05 janvier 1868. A Madame Mary Floris. Si vous ressemblez à votre lettre,
Madame, vous êtes charmante. Votre âme est dans votre
lettre, et j'y crois voir aussi votre beauté. Je suis à
vos ordres et je me mets à vos pieds. VICTOR HUGO. Voici ce que vous avez bien voulu me demander. Correspondance Tome III (années
1867-1873) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff
- Edité par l'Imprimerie Nationale.
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07 janvier 1868. Agendas de Guernesey, 8ème : payé à Anne son mois échu –––––––––––––––––––––––––––––––– 17 – jouets pour les petits pauvres ––––––––––––––––––––––––––––– 30-40 – nous avons tiré les Rois. M. et Mme
Marquand y étaient. on a fait la part du petit Georges. Il a
eu la fève. – les journaux me sont arrivés pleins
d'articles Ruy Blas à Bruxelles. – Julie a été au bal chez les
Cordin. Je note ici que depuis l'enfance elle m'appelle mon beau frère,
je lui ai dit : je suis vieux, je n'ai aucun droit au mot
beau, appelle- moi donc frère. – secours envoyé à Marie Jeanne
Tatton (Jeanne chez Mme Toudic, maîtresse de pension, rue
St Thomas, à St Malo –––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
10 fr. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XIII, page 1334.
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Hauteville-House, 09 janvier 1868. A Jules Lermina : Mon jeune et brillant confrère, vous
complétez votre œuvre démocratique. A la propagande
littéraire vous allez joindre la propagande politique (1).
Vous avez le talent, vous avez la volonté, vous avez le courage,
et de plus l'épreuve vaillamment traversée. Je vous
applaudis. Le secret du succès, vous l'avez :
Franchise. Vous réussirez. Tenez vos promesses; tenez-les toutes, et
soyez tranquille. Vous vaincrez. Soyez le journal acceptant pleinement
la révolution, l'acceptant dans 1789, formule de ses principes,
et dans 1830, formule de ses idées; combattant la réaction
littéraire comme la réaction politique; signalant
dans la critique doctrinaire comme dans la politique absolutiste
le même effort rétrograde; dirigeant le socialisme
vers les hauteurs, et plutôt du côté du droit
que du côté des appétits; réclamant en
tout la libre pensée, la libre parole, la libre association,
la libre affinité, la libre publicité, le libre mouvement,
la libre conscience ; exigeant l'enseignement pour tous, parce qu'il
importe de remplir de lumière l'homme qui est le travail,
la femme qui est la famille et l'enfant qui est l'avenir. Admirez
le seizième siècle, étudiez le dix-septième,
aimez le dix-huitième, et soyez le dix-neuvième siècle. Vous avez les deux leviers, la force individuelle
et la force collective. Personnellement vous êtes un homme,
chose puissante, et, par vos amis, vous êtes un groupe, chose
invincible. Toutes sortes de talents consciencieux, charmants et
vigoureux concourent à votre œuvre. Courage donc. Déployez toutes vos
ailes, couvrez-vous de l'armure des principes, luttez contre la
matière qui s'appelle césarisme avec cette toute puissance
impalpable, la pensée. L'absolutisme vous fait face, confrontez-lui
la liberté. Il a les soldats, vous avez les idées;
il a son chassepot, vous avez votre âme. Opposez au militarisme
le progrès, aux fabrications d'armes l'ascension vers la
paix, au papisme la lumière, aux préjugés la
volonté de délivrance, au droit divin le droit humain,
aux sultans, aux czars, etc., le soleil qui se lèvera demain;
aux échafauds, la sainteté inviolable de la vie, aux
parasitismes la justice, aux fureurs le sourire, et, devant le Fusil-Merveille,
soyez l'Esprit-Légion. Armée contre armée. (1) Jules Lermina voulait fonder
le Globe politique, littéraire et artistique avec Ranc, Siebecker,
Razoua, etc,. Ce journal parut en effet le 14 janvier 1868, à
la date du 15, mais le nom de Lermina n'y figure pas. Correspondance 1836-1882 Paris
Calmann Lévy, éditeur –1898- p.317.
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H.-H., 09 [janvier 1868]. A Auguste Vacquerie : Cher Auguste, M. Chifflart qui vous remettra
ce mot est un grand talent. Il va illustrer les Travailleurs de la mer. Il est venu
passer quinze jours avec Gilliatt et moi, et il quitte demain Guernesey
pour Paris. Vous verrez ses dessins, et vous comprendrez que j'appelle
sur lui votre plus haute cordialité. A vous. Ahura y siempre. V
H. Correspondance Tome III (années
1867-1873) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff
- Edité par l'Imprimerie Nationale.
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Hauteville-House, 10 janvier 1868. Aux Membres de la Ligue internationale de
paix et de liberté (1). Je suis avec vous; seulement je ne dis pas
paix et liberté, je dis liberté et paix. Commençons
par le commencement. D'abord la délivrance, ensuite l'apaisement.
Mais dés aujourd'hui, alliance. VICTOR HUGO (2). (1) L'Opinion publique. Washington, 12 mars 1868. En marge de ce journal
Victor Hugo a écrit : " A la bonne heure. Voici ma vraie
lettre". - (2) Journaux annotés. Bibliothèque
Nationale.
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10 janvier 1868. Agendas de Guernesey, 8ème : –cette nuit frappements à divers heures. –10 h. du matin. Je vois M. Kesler, revenant
de Jersey, monter la rue. –secours à C. Robillard ––––––––––––––––––––––––––––––––––––– 1 –sec. à P. Mariage
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
2 –nouvelle vue Suisse. –M. Kesler a repris ses habitudes de déjeuner
et dîner chez moi. [–– ] nouvelle pièce de vin est arrivée
aujourd'hui. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XIII, page 1335.
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12 janvier 1868. François-Victor à V.H. : " Ruy-Blas se soutient toujours sur l'affiche de Bruxelles,
malgré le givre, malgré le verglas, malgré
la neige, malgré la gelée, malgré la Belgique. "
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Hauteville-House, 12 janvier 1868. A Jules Brisson : Mon éloquent et courageux confrère,
vous me comprenez et je vous comprends. Nous sommes, vous et nous,
sur la brèche, vous en dedans, nous en dehors. Vous luttez
dans le relatif, nous dans l'absolu; et tous nous sommes utiles.
Nous combattons le grand combat. Jungamus dextras, gladium gladio copulemus. Hélas! ma propagande est nulle. Je
suis un solitaire pour de vrai. Je ne puis guère dire du
bien de votre excellent journal qu'à l'océan, mon
vieux camarade, mais je vous promets de le faire, et peut-être,
comme dit Virgile, les vents vous en porteront-ils quelque chose. Cordial shake-hand. VICTOR HUGO (1). (1) Les Annales politiques et
littéraires, 31 mai 1885. - Archives de
la Comédie-Française.
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H.-H., 14 janvier 1868. A Jules Claretie, aux bureaux de l'Opinion
nationale : Vous avez raison, mon éloquent et
loyal confrère, votre réclamation, arrivée
à temps, eût fait reculer le Théâtre-Français,
et maintenu Hernani sur l'affiche. Aujourd'hui le théâtre,
ayant honte bue, fera la sourde oreille. Mais le public, non. Vous
prenez acte hautement de la lâcheté commise, du dol
et du vol, de cette petite turpitude jésuite étranglant
Hierro entre deux portes. Qui est maître aujourd'hui dans
la maison de Molière? c'est Tartufe. Il s'appelle Édouard
Thierry, a fait ses Pâques entre deux portants, recevant de
Dupanloup l'hostie, et de Rouher le mot d'ordre. Je vous remercie
de flétrir ça, et je suis certain que, puissant comme
vous l'êtes par la conviction et le talent, vous continuerez.
Je vous ai écrit sur votre beau livre les Derniers
Montagnards. Avez-vous reçu ma lettre ? Je vous
ai fait des envois. Vous sont-ils arrivés ? Vous en trouverez
encore un dans cette lettre, au verso ci-joint (1), si le cabinet
noir n'intervient pas. Je suis un pestiféré, je suis
en quarantaine, la police crible mes lettres, la poste vole l'argent
de mes timbres-poste, depuis deux mois j'ai dépensé
deux cents francs en stamps, et il n'est pas arrivé de mes
messages à mes amis pour dix francs ! Telle est l'honnêteté
du gouvernement dit impérial. C'est égal, je vous
aime de tout mon cœur. VICTOR HUGO. (1) Coupure de journal contenant la lettre de Chilly
sur Ruy Blas et la réponse de Victor Hugo. Correspondance Tome III (années 1867-1873)
Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff -
Edité par l'Imprimerie Nationale.
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H.-H., 16 janvier 1868. A François-Victor : Victor, tu ne lis plus les journaux anglais.
J'y suis passé à l'état de " grand bon
homme ". Ils m'appellent great good man, comme autrefois leur Wellington. Les journaux
illustrés publient la gravure du dîner des 6.000 enfants
de Marylebone, et Punch lui-même, tout royaliste qu'il est,
glorifie Ruy Blas. - Vous trouverez sous ce pli, mes bien-aimés,
une traite de 800 fr. à l'ordre de François V sur
Mallet frères. Comme Victor le désire j'envoie à
Adèle 500 fr. faisant trois mois d'avance (février,
mars, avril) 450 fr. plus un boni de 50 fr. que je lui laisse. Il
y aura lieu en conséquence de reprendre et de compter dans
l'argent de la maison les 125 fr. déjà avancés
à Ad. pour février et qui feraient double emploi (1).
- Je rappelle à Victor qu'il ne m'a pas envoyé la
quittance de loyer du 1er janvier. Envoyez à votre mère, par votre
plus prochaine lettre, la lettre de Julie que voici. - J'espère
que vous êtes toujours heureux et joyeux, que Georges 1er
grandit et que Georges II grossit. - Serrez toutes les mains d'amis
que vous rencontrerez. Certes, il ne faut pas du Roi s'amuse à
Bruxelles. C'est déjà trop de Ruy Blas pour ces bons Welches. J'ai écrit
à Lermina mon opinion nette sur MM. Sarcey et Proudhon, et
je l'ai engagé à lire l'article de Pelletan dans la
Revue des 2 mondes. - Garibaldi, Mentana, Ruy Blas, le Christmas, etc., tout
cela m'avait fort dérangé, et vous auriez eu le droit
de me gronder si je ne m'étais remis bien vite au travail.
-Maintenant, je me lève au point du jour, j'écris
jusqu'au coup de canon du soir, et je suis content de moi. Je vous serre tous sur mon vieux cœur. V. (1) Suit le détail des
comptes. Correspondance Tome III (années
1867-1873) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff
- Edité par l'Imprimerie Nationale.
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18 janvier 1868. Dernière représentation d'Hernani
au Théâtre-Français (72ème).
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19 janvier 1868. " J'ai reçu hier, par M. Arnold
du Daily Telegraph de Londres, la réponse que m'adresse Garibaldi après
La Voix de Guernesey. Elle est en vers français. Le Morning Star à Londres la publie traduite en vers
anglais. "
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20 janvier 1868. Réponse au poème de Garibaldi
du 03 janvier 68.
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H.-H., 20 janvier 1868. A Philippe Burty. J'ai la bête. Elle est superbe. Le japonais est le Barye
du crapaud. Quel sculpteur ! Venez donc un de ces jours dans mon
île voir quel bel effet fait ce monstre à côté
de l'autre monstre l'Océan. Merci con todo el mio corazon. VICTOR
HUGO (1). (1) La Revue, octobre 1903.
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H.-H. , 23 janvier 1868. A Paul Meurice : Cher Meurice, mon avis le voici: Rothschild et Pereire seuls peuvent se risquer
à faire un journal politique (1). La situation de la presse
va être pire qu'auparavant. Au régime sans frais succède
le régime avec frais. On n'était qu'averti, on sera
condamné. On n'avait à craindre qu'un commis, on aura
à craindre un juge. Le pire valet, c'est le juge. On sera
supprimé, plus ruiné. Je ne comprends pas la gauche,
qui vote cette loi. Au reste, il n'y a qu'un cri parmi nous proscrits.
La gauche devrait protester en masse contre cette trahison qui s'intitule
progrès. Il n'y a de possible (et encore !) qu'un journal
littéraire. - J'ai reçu la quittance des 618, je ne
tirerai sur vous qu'avec discrétion. Comment vous dire à
quel point je vous aime. V. (1) " Êtes-vous
d'avis que nous devrions faire un journal ? Auguste y semble disposé
maintenant. Mais vous, qu'en pensez-vous ? " Lettre de Paul
Meurice. Correspondance Tome III (années
1867-1873) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff
- Edité par l'Imprimerie Nationale.
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H.-H., dim. 26 [janvier 1868]. A Auguste Vacquerie : Dites à ma bien-aimée souffrante,
je vous prie, cher Auguste, que si elle n'a pas peur d'une traversée
de mer, Guernesey lui tend les bras. Sa lectrice de Chaudfontaine
lui lira tant qu'elle voudra. Julie écrira sous sa dictée,
et moi je ferai tout ce qui pourra l'égayer et la distraire.
Le printemps aidant, la santé reviendra. Si elle craint la
mer, (un peu dure en effet en ce moment) je hâterai le moment
de la réunion à Bruxelles. Et de celle-là vous
serez, j'espère. Et quelle joie d'entendre Faust ! Que vous
êtes admirable pour Hernani! -Merci, merci, merci. Pardonnez-moi ce
rabâchage. Garibaldi m'a répondu. En vers. En vers
français (1). J'ai sa lettre tout entière de sa main.
Il est difficile de la publier à cause des fautes de versification
dont les brutes de l'Univers - Veuillot triompheraient. La difficulté
est tournée par ce que je vous envoie. Soyez assez bon pour
vous charger de transmettre ces épreuves. Les journaux feront
ce qu'ils voudront. J'ai envoyé directement à M. J.
Claretie. Rendez-moi, cher ami, le service de m'envoyer
le Petit Figaro du jeudi 23. Victor me dit qu'il est fait
pour moi, et justement je n'ai pas reçu ce numéro-là.
J'ai le 22 et le 24. Pas le 23. - Le théâtre Thierry-Vaillant-Doucet
enterre Hernani après une recette de 6.000 fr. C'est
Tartufe mettant son chapeau sur la tête. - C'est à
vous d'en sortir. ---- Cher Auguste, je suis à vous du fond
du cœur. V. Voudrez-vous couper ces quatre lignes pour
ma femme. Chère bien-aimée, Auguste te
lira ma lettre. Tout ce que tu voudras sera fait. Je ne veux qu'une
chose, que tu sois gaie, heureuse et bien portante. - Tels sont
les ordres du tyran. Je t'aime profondément et je te serre
dans mes bras. (1) La voix de Caprera à la voix de Guernesey. Correspondance Tome III (années
1867-1873) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff
- Edité par l'Imprimerie Nationale.
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H.-H., dimanche 26 [janvier 1868]. A Charles. À François-Victor : Chers enfants, malice de la tempête.
La poste n'arrive qu'aujourd'hui dimanche. Je vous ébauche
tout de suite une réponse. A mardi une plus longue lettre.
1° Mme Atwood a payé Kesler. Un draft de
1.250 fr. Je vous l'avais écrit. Voyez mes lettres. Vous
pouvez travailler, ce me semble, pour elle. Mais faites bien votre
traité. Stipulez tout. C'est important avec les Anglais et
les Américains. - 2° Précisément, le Petit Figaro du jeudi
23 ne m'est pas arrivé. J'ai eu celui du 22 et celui du 24.
Je prie Victor de m'envoyer par le retour du courrier le n°
du 23 pour que je lise l'article de Duchesne sur Ponsard, dont il
me parle (1). - 3° Madame Drouet, heureuse de son Almanach,
embrasse maternellement Victor sur les deux joues. 4° J'ai reçu
une lettre excellente de Frédérix. Ne vous brouillez
pas. Il y a entre vous, Bérardi, Frédérix,
quelque malentendu qu'il faut éclaircir. J'arrangerai cela
à Bruxelles. Ne laissez rien s'envenimer. L'invitation du
20 février vous sera faite, sans doute. Votre chère mère va toujours
à peu prés de même. Les nouvelles d'Auguste
et de sa mère varient peu. Je suis attristé du peu
de progrès que fait le mieux. (A propos, avez-vous envoyé
les 150 fr. à Laussedat pour votre mère ?) Garibaldi m'a répondu, chose curieuse,
en vers français, (difficiles à publier à cause
des fautes de versification dont les Veuillot et autres idiots triompheraient).
Heureusement, la traduction anglaise, que je vous envoie, suffit.
Vous trouverez sous ce pli la chose, plus mon accusé de réception.
Voyez si cela conviendrait à l'Etoile belge. Je l'envoie directement à M. Bérardi,
en l'engageant à n'en rien publier. - l'Étoile ne publierait
que le fait et non la lettre. J'ai bien peu de temps pour poser. Cependant,
quand je serai à Bruxelles, nous reparlerons du jeune sculpteur
de Hal. Avez-vous vu quelque chose de lui ? Hauteville-House est encombré de visiteurs.
L'Angleterre se met à m'adorer. Lettres, journaux, etc.,
pleuvent. - Tout ceci vous intéresserait. - Je vous serre
dans mes bras, mes bien-aimés (2). (1) L'article, intitulé
La statue de Ponsard, finit par ces mots : " Sur ce, je vais
relire les Burgraves et Cromwell". Correspondance Tome III (années
1867-1873) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff
- Edité par l'Imprimerie Nationale.
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H.-H., 26 janvier 1868. A Jules Claretie : Merci, mon cordial confrère, pour
cette nouvelle page éloquente et charmante. Vous aurez votre
dessin. Voulez-vous me le voir faire ? Venez, un des beaux jours
de ce printemps, quand je serai à Bruxelles, déjeuner
et dîner avec moi place des Barricades. Dans l'intervalle,
je ferai sous vos yeux votre dessin, que vous me paierez d'un serrement
de main. Vous voyez que je suis très intéressé. Chose curieuse et qui m'a charmé,
Garibaldi m'a répondu en vers, et en vers français.
Si vous croyez que quelque chose de ce fait remarquable puisse être
publié dans l'Opinion nationale, je vous
envoie, ci-inclus, l'extrait des journaux anglais. Et encore merci. Ex imo. VICTOR H. Correspondance Tome III (années
1867-1873) Albin Michel Paris, imprimé par la librairie Ollendorff
- Edité par l'Imprimerie Nationale.
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27 janvier 1868. Agendas de Guernesey, 8ème : – j'ai donné à JJ le grand écu
de 5 schellings au St Georges pour servir de [signet]à son
grand album. – secours à la famille Fidgett ––––––––––––––––––––––––––––––––– 5 – secours à la famille Crobillard –––––––––––––––––––––––––––––– 3-50 – Crobillard est venu nettoyer le plafond
de verre de mon cristalroom. Charlotte cloche. – arrivée de M. Chiffard, peintre,
pour me voir et d'une troupe de comédien dirigée
par M. [Honoré brocard] pour jouer Hernani une fois à mon
intention. –j 'invite MM. Chiffard et [Brocard] à
déjeuner pour demain mardi. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XIII, page 1338.
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28 janvier 1868. Juliette à V.H. : " La seule pensée d'assister
à cette parodie piteuse de ce vaillant et sublime Hernani m'horripile jusqu'à la moelle des
os et m'humilie dans ce que j'ai de plus fier et de plus orgueilleux
: mon admiration pour ton divin génie ".
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Mercredi 29 janvier 1868. Affiche du théâtre royal de
Jersey, annonce la représentation d'Hernani.
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31 janvier 1868. Représentation d'Hernani à
Guernesey. Agendas de guernesey, 8ème : M. et Mme Marquand ont aussi déjeuné. – puis M. Talbot est
arrivé PH. Asplet avec M. et Mme Rousby, les deux acteurs
anglais qui jouent Shakespeare à Jersey. M. Rousby
voudrait jouer Hernani en anglais.
–– Melle Othon m'a apporté des couronnes portant Mon nom qu'on m'envoie de France. on m'a
fait construire pour le représentation une loge fermée
dans la salle
afin que j'y puisse assister sans être vu. – le soir, représentation.
Elle Julie et moi, plus Suzanne et Thérèse Griffon
dans la loge, qui était décorée de fleurs et
de lauriers. –– salle comble. toute la ville s'y pressait. on a
crié vive Hugo, et Hurrah. après le 5e acte Melle
Othon s'est avancée vers ma loge et m'a remis une couronne
de lauriers, je crois avec cette inscription : à V.
Hugo les artistes reconnaissants. 31 janvier 1868. Guernesey. quand
je suis sorti la foule m'a applaudi. Tel est le croquis de Hernani à
Guernesey. les acteurs très supérieurs au public. Hernani a été joué entre
quatre murs par sept acteurs pour vingt-cinq personnages, sans décors,
sans spectacle, comme les pièces de Shakespeare il y a deux
cents ans. je me suis vu la charrette de Thespis. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XIII, page 1341.
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