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17 janvier 1872. Visite de Mme Rastoul, accompagnée
de son fils. Son mari, le docteur Rastoul, a été membre
de la Commune, et est condamné à la déportation
simple. Mme Rastoul est une belle personne d'une intelligence distinguée.
Elle m'a apporté une lettre de Rochefort. Je ferai tout ce
que je pourrai. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XV-XVI/2, page 732.
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18 janvier 1872. Les votes de l'armée portent à
95 900 le chiffre de mes voix le 7 janvier. Visite de mlle Joséphine Simon, dont
le frère, lieutenant de fédérés, est
condamné à la déportation simple, et est au
fort Boyard. Je l'encourage à espérer. Je ferai ce
que je pourrai. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XV-XVI/2, page 732.
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22 janvier 1872. Mon excellent et cher docteur Emile Allix
se charge d'aller à Saint-Nazaire recevoir la pauvre enfant
(1) et la ramener à Paris. Il partira cette nuit. (1) Adèle.
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23 janvier 1872. Emile
Allix est revenu. Personne n'est arrivé. Il y a eu erreur
de date ; ce sera pour le 8 février.
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25
janvier 1872. Victor
est allé dans la journée à Versailles pour
le Rappel qui est re-suspendu avant d'avoir reparu.
Il a parlé à Barthélemy Saint-Hilaire, et il
a vu plusieurs représentants, Louis Blanc, Ordinaire, Rouvier
et Henri Lacretelle qui a relancé sur son banc le ministre
de l'intérieur et l'a menacé d'une interpellation.
Cela a semblé faire un peu réfléchir Casimir
Perier, qui a dit : Le Rappel pourra reparaître, non le 4 mais le
20 février, si rien de gros ne se passe d'ici là. Telle
est la liberté de cette république. Edition Chronologique, Jean Massin 1969, t XV-XVI/2,
page 732.
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Paris, 27 janvier 1872. Vendredi soir, 4 h. Juliette
à V.H. : J'espère, mon grand piocheur, que tu n'as pas eu
l'idée de prendre la clef des champs, ni celle des bois,
ni même la clef des amourettes par ce temps de grenouilles
et de gribouilles ? A ce propos je te fais souvenir que ton parapluie
est ici. Tu as dû recevoir sous enveloppe les 300 f. pour
Charroin que Suzanne devait te remettre en main propre ce matin.
Je te fais ce petit rappel pour que tu ne l'oublies pas au milieu
de tous tes embarras de charrettes sans parler de tes nombreux chiens
à fouetter. Dites donc, môsieu le Poète, à
quelle étonnante infirmière sont dédiés
ces vers galants que vous n'avez pas jugé à propos
de me faire copier (1) Ce petit scrupule de conscience cache probablement
une grosse infamie dont mon pauvre vieux cœur aura à souffrir,
hélas ! A preuve c'est que le sourire contraint que j'ai
tâché d'ébaucher en commençant cette
question s'achève dans mes yeux pleins de larmes. J'ai tort
d'avoir encore de ces curiosités douloureuses, mais j'ai
encore plus tort de t'aimer en 1872 avec la même passion ardente
et jalouse que j'avais en 1833. Cet anachronisme est plus qu'une
faute, c'est un ridicule qu'il est juste que j'expie. Tant pis si
je t'aime trop. (1). Ce poème (" Si dans ce grand Paris, ô
charmante infirmière... ") Toute la Lyre ;
Le Moi. XXX.
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27 janvier 1872. Visite de M. Mottu. Je lui dis mon idée
de payer les 3 milliards avec un impôt de trois pour cent
une fois payé sur le capital. Ce serait une sorte de nuit
du 4 août de la propriété. Il me demande si
je tiens à la propriété de l'idée ;
je lui dis que je tiens qu'au succès. Il me demande permission,
que je lui accorde, de reprendre cette initiative dans le journal
le Radical. Il est question d'imprimer le Rappel hors du département, à Lagny,
par exemple. Il échapperait ainsi à l'état
de siège. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XV-XVI/2, page 733.
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27 janvier 1872. Nouvelles de la Barbade, un peu meilleurs.
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28 janvier 1872. Avant le dîner, j'ai lu à Vacquerie,
à Meurice et à Victor les vers A
la France que j'ai faits ce matin pour la reprise
de Ruy Blas. Ces vers pourraient êtres interdits
par la censure, ils seraient réclamés par le public.
De là des troubles à la première représentation.
Leur avis, comme le mien, est qu'il vaut mieux n'en pas parler. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XV-XVI/2, page 733.
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29 janvier 1872. Du mois de mai au mois de novembre, on n'a
pas su où était Blanqui. Il était enfermé
au fort du Taureau, qui est une prison-forteresse isolée
sur un écueil à deux lieues de terre dans la rade
de Morlaix. Il y a là un cachot-casemate où La Chalotais
a été enfermé au siècle dernier. C'est
là qu'a été mis Blanqui. Il a été
depuis transféré à Paris où il est en
ce moment. Le rappel est décidément
suspendu jusqu'au 4 mars. Edition Chronologique, Jean
Massin 1969, t XV-XVI/2, page 733.
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31 janvier 1872. V.H. à Juliette : " Ma bien-aimée, voici la prière
que, depuis bien des années, la nuit, dans mes insomnies,
j'adresse à Dieu en songeant à toi: O Dieu, faites-nous vivre ensemble à
jamais. Exaucez-la en moi, exaucez-moi en elle. Faites qu'elle ne
manque à aucun jour de ma vie et à aucun instant de
mon éternité. Faites que je sois à jamais,
dans cette vie et dans l'autre, utile et aimé, utile au bien,
aimé par elle. Sauvez-nous, transfigurez-nous, unissez-nous !
" Pages d'amours de V.H. (Paul
souchon.) Editions Albin Michel 1949 p.188.
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